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INTERVIEW : Aux origines de l’aventure avec Christine Guérard, Présidente de la Chaîne Thermale du Soleil

Aux origines de l’aventure avec Christine Guérard, Présidente de la Chaîne Thermale du soleil

Christine Guérard est la fille d’Adrien Barthélémy, fondateur de la Chaîne Thermale du Soleil et (re)découvreur du thermalisme. À sa sortie d’HEC, dans les années 1960, elle arpente le Mexique hors des sentiers battus et participe à l’ouverture de la première agence d’une grande banque française. Mais l’entreprise familiale la rattrape, son père lui confie dès janvier 1967, les rênes d’une nouvelle station thermale acquise par le Groupe, Eugénie-les-Bains. En quelques années, elle fait renaître  ce petit village thermal, et, grâce à son coup de foudre pour le Chef Etoilé Michel Guérard, invente le palais enchanté des Prés d’Eugénie ! A la fois hôtelière et femme d’affaire chevronnée, elle dirige la Chaîne Thermale du Soleil depuis 2001. Outre ses responsabilités thermales et hôtelières, elle cultive deux passions qui lui valent une reconnaissance internationale : la mise en scène d’intérieurs et l’art des jardins. Deux cordes à son arc, que l’on retrouve avec plaisir dans la mise en valeur des 20 stations du Groupe.

 

Entretien avec Christine Guérard

Le Magazine Thermal (LMT) : La Chaîne Thermale naît en 1947, date d’achat de la première station, Molitg-les-Bains par votre père. Quels souvenirs gardez-vous de ces premiers moments ? 

Travaux Molitg

Christine Guérard (CG) : Il y a de nombreux souvenirs liés à la renaissance de cette petite station des Pyrénées Orientales. Le plus marquant, c’est l’été 1949. On coule « l’ouvrage d’Art » du garage hélicoïdal sur trois niveaux, au bout de l’allée d’accès portée par des arches romanes, en surplomb sur la rivière.  Je me souviens d’un va et vient fracassant de camions GMC qui livrent les bétons à coffrer. Nos entrepreneurs malins écoulent sans doute ainsi les stocks du mur de l’Atlantique. Ces premiers grands travaux seront légion dans la suite de l’Histoire de la Chaîne Thermale du Soleil.

LMT : Quand avez-vous commencé à travailler pour la Chaîne Thermale du Soleil ?

CG : En 1958. Mon premier job fut d’assurer, sur une veille machine à écrire noire Remington, qui arrachait les phalanges, le secrétariat d’été de mon père (Michelin, Préfectures, programme de travaux intersaisons, déjà, faisaient mon pain quotidien) entre 1958 et 1960.

LMT : Puis vous êtes partie faire vos études : fac de lettres à Salamanque, puis HEC. Quand réintégrez-vous la « Maison » ?

SAM

CG Au printemps 1967. Mon père me confie la saison 1967 d’Eugénie. A cette époque, Eugénie-les-Bains est une toute petite station, très saisonnière. Je n’y habite que l’été, et retourne dès l’automne, au siège parisien de la Chaîne. A la requête du pater familias, cet automne là, nous créons officiellement l’ébauche de la 1ère Centrale d’Achats, pour l’achat groupé du linge thermal et des biens d’équipement des résidences Armagnac (Barbotan) et Mistral (Gréoux), puis Catalan (Molitg). Nous disposons de 1 300 Francs par studio pour ce faire et nos premiers fournisseurs de gros sont les Galeries Lafayette et la Centrale Linière. J’apprends, auprès du Fondateur, comment obtenir les meilleures conditions commerciales, et compose une « griffe » commune aux différentes stations du groupe.

En 1968, Eugénie rentre dans la Chaîne des Relais de Campagne (futur Relais & Châteaux), et mon Père me confie la responsabilité de la communication et du marketing au Siège. Nous organisons les premiers voyages de presse à Barbotan, Saint Christau, Eugénie et Molitg. Déjà 4 stations dans notre escarcelle à mettre en avant !
En 1972, Biche, ma sœur cadette, vient nous rejoindre et prend les rennes de Molitg-les-Bains.

LMT : Votre rencontre avec Michel Guérard a également marqué l’histoire de la Chaîne Thermale du Soleil ?

CG J’épouse en 1974 mon « Prince charmant » qui, le même été, rallie Eugénie. La Course aux Etoiles se met en marche (NDLR : en 1974, une première étoile Michelin vient couronner Les Prés d’Eugénie, puis la deuxième en 1975 et, enfin, la troisième en 1977). Michel Guérard, à son arrivée dans les Landes, ne connaît rien aux cures thermales, mais, très vite, il se prend de passion pour le sujet. L’alimentation des curistes retient tout naturellement son attention.

La station proposait déjà des cures d’amaigrissement, mais les mets qui étaient servis à nos hôtes manquaient pour le moins de subtilité. C’est ainsi que le Chef se mit à réfléchir à une alimentation santé réjouissante, dont la fonction serait d’accompagner et d’amplifier les effets de la cure thermale. C’est ainsi qu’est née la Grande Cuisine Minceur puis la Cuisine Santé Nature, dispensée dans plusieurs établissements du Groupe.

LMT : Qui vous a donné le goût de la mise en scène décorative ?

CG Quand on me confie des maisons anciennes, je les restaure, je les rénove, je les façonne à ma guise. Je trouve ce travail de restitution résurrection particulièrement excitant. Il faut dire que, enfant, je voulais être architecte. Notre mère, Aurélia Barthélémy, était une esthète et elle nous a transmis son amour des belles choses. J’ai en mémoire un souvenir très vivace des débuts de la Chaîne Thermale. En 1952, Adrien et Aurélia Barthélémy s’éprennent de paradors et châteaux en Espagne. Ils cinglent de Molitg à Séville en Ford noire sur les routes poudreuses et nous ramènent la majestueuse idée de la reconstruction des thermes et du Grand Hôtel en parador grand genre, aidés par ma tante Augusta. 

Ces premiers grands travaux d’embellissements me fascinèrent !

LMT : Que vous inspire cet anniversaire ?

CG : Un peu de fierté, quelques grains de nostalgie et beaucoup d’optimisme !

En 70 ans nous avons vécus cent aventures : des expéditions fécondes mais aussi des soubresauts graves, des cahots dangereux auxquels nous avons résisté. Nous sommes devenus des alpinistes honorables et vigilants. Tous les hauts et les bas, les périodes de vaches maigres, parfois longues et réitérées, nous ont appris l’humilité, la prudence, la réserve, la réflexion, en un mot, la sagesse mesurée, avant de nouvelles prises de risques.

Aujourd’hui, passé le seuil des 190 000 curistes qui ont choisi de nous confier leur santé, nous nous attachons plus que jamais à déployer une vision à long terme, qui respecte notre héritage, mais embrasse aussi les projets plus ambitieux. Et, afin que cette merveilleuse odyssée continue, dans la même eau, les nouveaux acteurs de la troisième génération, sont là, près de nous, enthousiastes, créatifs, compétents, perspicaces, irrésistibles, malicieux, et tant mieux !

 

(Janvier 2017)

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